L'artisanat du hanji

Le papier hanji est fabriqué avec la fibre que l'on trouve dans l'écorce du mûrier. Il est ensuite teinté à l'aide de colorants naturels (provenant de plantes) ou artificiels. La structure d'un objet ou d'un meuble est faite de carton ou de bois (le plus souvent du bois de paulownia ou du bois de pin). Le meuble ou l'objet est ensuite décoré par application de papier hanji coloré. Chaque feuille de papier hanji de la couleur choisie est découpée pour former les motifs de la décoration qui sont ensuite collés sur l'objet. Enfin, un vernis est appliqué pour protéger le papier hanji de l'usure et de l'humidité. Autrefois, on utilisait de l'huile (de sésame, de pignon ou de camélia) à la place du vernis pour protéger le papier contre les insectes et les moisissures.


À gauche, un bassinet pour la toilette. Au centre, des bols alimentaires. À droite, une boîte de matériel de coiffure.

À gauche, un casque de soldat. À droite, une contre-forme pour chapeau. En dessous, une boîte octogonale.

Les cinq images ci-dessus proviennent du site Weonju Hanji.

Histoire de l'artisanat du hanji

Il est difficile de connaître la genèse de l'artisanat du hanji, mais on présume  qu'il a commencé en même temps  que la création du papier. Autrefois le hanji était très cher et précieux alors l'art du hanji a commencé lorsque les gens se sont demandé quoi faire des chutes de papier inutilisées. cet art a commencé à se répandre à la fin de la dynastie Joseon (1392-1910).

Il est difficile de trouver aujourd'hui des objets en papier hanji d'avant la dynastie Joseon. Un des plus anciens que nous connaissons a environ trois-cent ans. Et il nous laisse penser que l'artisanat du hanji a une origine très lointaine et était à son apogée pendant la dynastie Joseon. Alors il apparait que les objets d'art en hanji étaient fabriqués en grande quantité avec une facture de haute qualité à partir du milieu de l'époque Joseon jusqu'au "Daehanjeguk" (le Grand Empire Coréen, 1897-1910). Aujourd'hui il reste peu de tels objets. On en trouve quelques-uns de cette dernière époque, fabriqués en papier imprimé ou venant de pays étrangers. Mais leur facture était moins bonne qu'au milieu de la dynastie Joseon, et la durée de vie de ces papiers était plus courte que celle du hanji, ce qui a rendu difficile leur conservation.

Ce sont les personnes âgées de classe érudite (la classe dirigeante de la société) qui ont commencé, pour passer le temps, à fabriquer des objets avec du papier hanji. En effet, le hanji était utilisé principalement comme support pour l'écriture et la peinture, mais il était très onéreux. Ne voulant pas jeter les nombreuses petites chutes de papier hanji, ces personnes trouvèrent le moyen de les utiliser pour la décoration d'objets et petits meubles. Ils confectionnaient d'une part des objets pour les hommes : boite à cigarettes, blague à percuteur, et produits de papeterie : porte-document, étui à encre de chine, ou encore armure en papier, carquois, etc...

D'autre part des objets fabriqués par et pour les femmes : nécessaire de couture, petite table pour les rafraichissements, meuble pour les accessoires de coiffure, boite de fils de couleur, classeur de courrier, boite à bijoux, caisse de papier, meuble à vêtement, bol pour aliments secs, réservoir de riz, etc...

Les étapes du travail

1. Construction de la structure en carton

La coupe, l'assemblage et le collage du carton sont tout à fait proches des techniques de cartonnage que l'on trouve en France. Je ne donne donc pas plus de détails ici.

2. Habillage en hanji

2.1. Conception de la décoration

C'est à cette étape que le travail avec le papier hanji commence à proprement parler. Avant de s'occuper de la décoration, on colle du papier hanji blanc et un peu plus épais sur l'ensemble de la surface, ceci pour deux raisons : pour consolider et bien former l'objet et pour obtenir une base blanche sur laquelle les couleurs du papier hanji décoratif ressortiront mieux. Pour la décoration, on décide d'abord des motifs et des couleurs que l'on veut coller sur la structure. Ensuite on choisit (et on prépare éventuellement) la texture et l'épaisseur des papiers de hanji qui formeront ces motifs. L'artisan peut alors déployer à 100% sa personnalité dans cet habillage. Aussi, suivant les goûts individuels, on peut embellir les objets en utilisant d'autres matériaux secondaires (le matériau principal restant le hanji).

2.2. Découpage des motifs et décorations

L'étape de découpage des motifs requiert beaucoup de soin et de temps. C'est à l'issue de cette étape que l'on peut évaluer la facture de l'objet ainsi que sa valeur. Les motifs sont découpés à l'aide d'un petit couteau pointu (proche du scalpel).

2.3. Fabrication de la colle

On fabrique la colle avec un mélange de farine et d'eau cuit sur le feu. Selon le volume de farine et d'eau, le temps de travail prévu, le contrôle du feu et le temps de cuisson, la qualité de la colle varie. C'est pourquoi il est important de fabriquer soi-même sa propre colle. Après quelques heures, la colle à base de farine durcit et perd son efficacité. Il est donc plus efficace de fabriquer sa colle en fonction des usages prévus pour la journée.

2.4. Le collage

La colle est étalée sur toute la surface à l'aide d'un pinceau. Après le collage, il faut presser et frotter le papier pour ôter le surplus de colle, et éviter les taches et les bulles d'air après le séchage.

3. Finition

3.1. Lissage

À cette étape, très importante, on lisse le papier hanji et on supprime les bulles d'air qui ont pu se développer entre le papier et le carton. En séchant, le hanji devient solide et résistant. Après un séchage initial, on applique de la colle de farine diluée sur toute les surfaces, et on aplanit les bulles d'air. On attend ensuite que le papier soit sec à nouveau avant de recommencer, trois fois en tout.

3.2. Retouche finale

Comme tout papier, le hanji devient plus fragile lorsqu'il est mouillé. Il faut donc le manipuler avec soin. Par exemple, quand on utilise le pinceau, on doit bien contrôler la force et la direction du pinceau. Sinon le papier peut se déchirer ou bouger. Cette étape permet de retoucher légèrement les formes et les motifs.

3.3. Séchage

L'objet est mis à sécher dans un endroit frais et à l'ombre. En effet, si on le sèche au soleil, le papier peut devenir rugueux et se fendiller. Et sa couleur risque de se dénaturer.

3.4. Vernissage

On utilise généralement un vernis hydrosoluble, et on choisit un vernis brillant, satin ou mat selon ses goûts et l'objet à vernir. Je passe souvent deux fines couches de vernis pour protéger l'objet de l'humidité et des salissures.On peut alors sentir l'odeur de vernis mais elle disparaît au bout de quelques jours. Quand le vernis est bien sec, l'objet est enfin prêt. On procède alors, si besoin, à la fixation des charnières et systèmes de fermeture.

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